Frères migrants

Patrick Chamoiseau lance un appel en nommant son texte « Frères migrants ». Toi, mon frère, que je ne vois pas, toi, mon frère, que j’oublie, traversant mers agitées, voyant l’horreur, aux mains des passeurs, pardonne-moi mon indifférence. Dans un monde où les lucioles ont cessé de briller, Patrick Chamoiseau nous harangue d’être plus humains, car sur ces radeaux, sous ces camions, sur ces routes, ce sont bien des êtres humains. Des corps identiques aux nôtres. 206 os comme nous. Des hommes, des pères, des fils, des frères. Comme les nôtres. Nous gardons les paupières fermées, parce qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Et si justement nous pouvions ? et si ce n’était pas la question ? Et si nous oubliions consommation, mondialisation, frontières pour ouvrir nos cœurs ? 

C’est un discours politique, une parole fondatrice, ou refondatrice pour un ordre moral nouveau, pour rendre hommage aux petites mains et grands cœurs qui accueillent les migrants, qui commettent les délits de solidarité, aussi indécent que ce terme puisse paraître. C’est une parole pour ouvrir les yeux. C’est une parole pour éveiller les cœurs. C’est de la littérature.

C’est un texte puissant, truffé de concepts et de références culturelles (bien trop pour moi) qui en a rendu la lecture un peu fastidieuse mais qui a été sauvé par des pages fulgurantes. 

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